Le monde

SINGLE DESTINATION

Le monde, c’est notre repère à tous. Rappelant nos proches, nous parlons de « notre monde » et nos amis font assurément partie du « bon monde ». Des médias s’approprient le concept comme étendard : Le Monde, Le Monde diplomatique, TV5 Monde; il est au cœur de nos expressions : faire le tour du monde, être citoyen du monde; il sert de mesure : tout l’amour du monde. Mais si près de nous soit-il dans notre vocabulaire, notre monde est vaste et complexe. Pour l’apprivoiser et pour mieux le comprendre, nous le segmentons.

Le monde géographique

La division la plus simple et la plus naturelle est celle que nous livre la carte du monde : de la Pangée originelle, naissent l’Afrique, les Amériques, l’Antarctique, l’Asie, l’Europe et l’Océanie limités par des océans, des mers, des fleuves. Ces terres intègrent autant des chaînes de montagne nées des entrailles du globe ou du choc des continents, que de grands déserts ou des forêts pluvieuses

Le monde écologique

Ce monde n’est pas statique. Depuis l’origine du monde, une constante évolution s’est matérialisée autant dans la géologie de la planète que dans ses espèces vivantes. Apprivoiser le monde par ces grandes ères constitue une autre façon de nous l’approprier. Ainsi, aux lendemains du précambrien qui constitue 90% des temps géologiques et qui a vu l’apparition de la vie sur terre (3,8 milliards d’années), le paléozoïque (ère primaire) nous fait remonter à 544 millions d’années (MA); les premiers mammifères sont apparus au mésozoïque (secondaire, 235 MA); les dinosaures sont disparus et les premiers primates sont nés au tournant du cénozoïque (tertiaire, 65 MA); et, il y a 2,5 MA, l’espèce humaine (homo) est retracée, annonçant le quaternaire. La diversification et l’adaptation des espèces à ce monde changeant ont été mises en lumière par Charles Darwin. Depuis le XVIIIe siècle et l’apparition de la machine à vapeur, des pressions croissantes s’exercent sur cet environnement et pourraient à terme bousculer l’évolution de notre monde.

Le monde social

Pour relever les défis d’un environnement souvent hostile à notre espèce, les humains se sont organisés collectivement en société. Ils ont ainsi tenté de sortir de cet état de nature où « l’homme est un loup pour l’homme », comme le dit Thomas Hobbes. Sans être parfait, le « contrat social », conceptualisé par Jean-Jacques Rousseau et John Locke, sert à communautariser les forces, malgré les tentations du profit plus grand qu’inspire l’initiative individuelle. Face aux incertitudes ainsi créées, un besoin de référence suprême s’est manifesté et s’est matérialisé dans les religions, d’abord polythéistes, puis monothéistes depuis le pharaon Aton; elles viennent proposer leur vision du monde et leur propre régulation sociale, en fonction d’un idéal vers lequel l’humain doit tendre.

Le monde juridique

Autre régulation millénaire, le droit normalise la société de diverses façons. Pour les tenants du droit naturel, le jusnaturalisme, le bien et le mal existent dans la nature humaine et dans l’univers; ce sont ces valeurs morales auxquelles il faut se conformer. Les défenseurs du droit positif, dont Hans Kelsen, s’opposent à cette vision des choses et préfèrent définir le droit comme une construction humaine constituée de règles juridiques adoptées par les sociétés et qui évoluent avec elles. Incarnation collective, l’État de droit applique à l’ensemble des membres de la société, dirigeants comme dirigés, les mêmes règles de sorte qu’aucune personne, physique ou morale, n’est au-dessus des lois. Quant aux droits naturels, ils se distinguent du droit naturel : ces droits sont inhérents à chaque personne, peu importe son origine ethnique ou sociale, son sexe, son éducation, sa condition physique ou mentale, etc. Ces droits naturels sont traduits en droit positif dans les Déclarations des droits de la personne adoptées par divers pays.

Le monde économique

Dès que l’humain se sédentarise et commence à pratiquer l’agriculture, des rôles se spécialisent, chacun constituant un apport distinct à la société. Afin que tous aient accès à des ressources en fonction de leur apport, des relations économiques naissent et évoluent. Ainsi, le féodalisme succède à l’esclavagisme à la fin de l’Empire romain et permet à des seigneurs d’exploiter des ressources essentiellement agricoles organisées en fiefs et en fermage. Les marchands font leur chemin pour articuler le libéralisme qui laisse place et récompense l’initiative individuelle. La révolution industrielle du XIXe siècle fait passer les sociétés de leur dominante agraire et artisanale vers une organisation davantage commerciale et industrielle. En opposition, l’économie dirigée de type marxiste met les moyens de production entre les mains de l’État qui redistribue la richesse. Enfin, il faut voir que les économies travaillent dans un contexte de frontières fermées (protectionnisme) ou de frontières ouvertes (libre-échangisme), selon les époques.

Le monde politique

Les choix effectués par les sociétés pour façonner le monde sont souvent issus de visions divergentes. La joute pour détenir le pouvoir qui permet la concrétisation de telle ou de telle vision, c’est la politique. Elle structure donc aussi le monde. L’organisation politique des sociétés s’est d’abord concentrée entre les mains d’individus : des empereurs, des rois, des seigneurs, des chefs. Lorsqu’en 1215, les barons féodaux britanniques imposent au roi Jean Sans Terre une répartition du pouvoir par la Magna Carta, l’État de droit remplace l’État absolu par la limitation du pouvoir royal qu’elle instaure. La royauté demeure cependant vivante, plusieurs monarques jouissant d’un pouvoir qu’ils considèrent de droit divin. Par les traités de Westphalie (1648) qui mettent fin à la guerre de Trente Ans, s’affirme la souveraineté de l’État qui devient séculier et s’organise en institutions; le monde sera désormais divisé en pays tels que nous les connaissons aujourd’hui. Les conquêtes territoriales instaurent toutefois une phase de colonialisme, particulièrement accentuée par le partage de l’Afrique entre les puissances européennes lors de la conférence de Berlin (1884-1885). La fin de la Seconde Guerre mondiale ordonne une vision manichéenne d’un monde divisé entre les puissances capitalistes et communistes qui entrent alors en Guerre froide. Les pays les plus pauvres dont elles cherchent l’appui deviennent un butin à séparer; entre les deux grands blocs naît le tiers monde. Un élan de souveraineté marque la seconde moitié du XXe siècle qui est aussi témoin de l’établissement de multiples institutions multilatérales (dont l’ONU, l’Organisation internationale de la Francophonie) ou supranationales (comme l’Union européenne) qui ont pour objectif un monde plus pacifique et plus équitable.

Le monde historique

L’histoire de toutes les sociétés se divise en grandes étapes. En Occident et dans les zones sous son influence, l’Antiquité démarre avec l’invention de l’écriture et se termine avec la fin de l’Empire romain, après avoir légué des fondements riches de plusieurs civilisations en science, en art et en philosophie. Le Moyen Âge a été témoin de grandes réalisations en termes d’organisation sociale, artistique et mystique avant de se clore par l’avènement de la diffusion du savoir par l’imprimerie et l’accès au Nouveau Monde. La Renaissance, notamment marquée par les Lumières, a relancé de grandes questions qui ont permis de redéfinir plusieurs aspects de nos civilisations. Les Temps modernes ont été témoins de l’industrialisation, le XXe siècle de l’implantation massive de la technologie et le nouveau millénaire s’ouvre sur une dichotomie individualisation/mondialisation qui remet en question plusieurs des éléments considérés jusqu’à nos jours comme des acquis collectifs.

Revenir en France