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Mairie de Bordeaux

La ville de Bordeaux est située dans une région de la France qui a été longuement disputée entre les diverses puissances européennes. Son organisation politique a été portée par 240 maires sur plus de 8 siècles. L’autonomie de la ville comme institution politique remonterait à la fin du XIIe siècle. Mais c’est très certainement à compter de 1206, après l'attaque de Bordeaux par le roi de Castille, que nous trouvons une trace formelle d’organisation. Jean sans Terre, roi d’Angleterre pendant que son frère Richard Cœur de Lion est en croisade, écrit alors expressément au maire de Bordeaux.

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Origines de l’organisation politique

La première forme d’organisation politique connue à Bordeaux est la jurade, une distribution du pouvoir civil fréquente dans le sud-ouest de la France jusqu’aux Pyrénées. Bien qu’il existe des mentions que le seigneur de Monadey ait été maire de Bordeaux en 1173, la première référence documentée d’une élection au poste de maire nous ramène à Pierre Lambert qui aurait été le choix exprimé par 50 jurats (l’équivalent des échevins contemporains) en 1208. Au milieu du XIIIe siècle, le mandat du maire est annuel et il est appuyé les 50 jurats, les conseillers et les citoyens-défenseurs élus par la population dont le nombre variera au fil des ans.

L’actuelle mairie Bordeaux: le palais Rohan

La mairie de Bordeaux est sise face à la cathédrale Saint-André. Il ne s’agit pas d’un hasard, car le siège temporel de la ville occupe aujourd’hui les locaux de l’ancien siège du diocèse. En effet, le palais Rohan a d’abord été construit en 1771, pour Ferdinand Maximilien Mériadec de Rohan, archevêque de Bordeaux. C’est la sécularisation amenée par la Révolution qui a suscité son changement de destinée. Tour à tour hôtel du département où siège le Conseil général (1790), site du tribunal révolutionnaire (1791), hôtel de la préfecture (1802), palais impérial de Napoléon Ier (1808) et château royal de Louis XVIII (1815), c’est en 1835 qu’on lui donne la vocation d’hôtel de ville qu’il a conservée depuis.

Ensemble de style néoclassique, l’édifice est précédé d’une cour d’honneur qui permet d’apprécier tant le portique ionique que le fronton sculpté par Barthélemy Chabirol. L’intérieur recèle des décors remarquables qui ont dû être retouchés après que des incendies les eurent endommagés. L’œil repérera en particulier l’escalier d’honneur monumental dessiné par Richard-François Bonfin. Pour sa part, la salle du

Conseil est normalisée dans le style de l’architecture officielle caractéristique de la IIIe république. Le palais s’ouvre, à l’arrière, sur des jardins à l’anglaise.

Michel de Montaigne

Parmi les maires les plus illustres de Bordeaux, il faut assurément compter Michel de Montaigne (1533-1592) dont la réputation s’est surtout faite par son apport comme intellectuel (on dit de lui qu’il a été le précurseur des sciences humaines et historiques en langue française) ou comme écrivain (ses Essais ont eu une influence marquante dès leur parution). À en croire le principal intéressé qui s’en confesse justement dans ses Essais, la charge de maire n’était pas du tout quelque chose à laquelle il tenait ; élu in abstentia, il ne l’accepte que sur les pressions du roi. Ses mandats (il est l’un des rares réélus à l’époque), seront marqués par un constant travail de médiation entre groupes religieux (catholiques et protestants) et groupes politiques (rois de France et de Navarre). Sa carrière politique se termine dans la tourmente alors que le maire craint de regagner sa ville qui est frappée par une épidémie de choléra six semaines avant la fin de son deuxième mandat.

Des maires perpétuels : la famille d’Estrades

Fait intéressant à noter, la fonction de maire n’a pas toujours été élective à Bordeaux. En fait, la charge a simplement été supprimée par Louis XIII entre 1620 et 1653. Son successeur, Louis XIV, se ravise et se garde le privilège de nommer le maire et l’intendant qui vont représenter l’absolutisme du pouvoir royal jusqu’à la Révolution. En fait, le Roi se sert même du poste de maire pour renflouer les coffres de l’État : il vend la charge de maire au plus offrant. C’est ce qui explique pourquoi la famille d’Estrades a dirigé la ville pendant plusieurs années.

Parmi les membres de cette famille, Godefroy avait été nommé maire « perpétuel» » par Mazarin en 1653 et c’est à ce titre qu’il négocie le rachat de la ville, au nom de Louis XIV, à Charles II d’Angleterre. Lui succéderont son fils Louis (maire de 1675 à 1711) et son petit-fils Godefroy (maire de 1711 à 1717). Ce dernier étant assez souvent absent de la ville, la fonction de maire disparaît pratiquement : elle ne figure plus aux actes officiels et même le site de la mairie de Bordeaux note une vacance au poste entre 1717 et 1769. De façon pratique, la gestion de la ville sera confiée à des intendants et parmi eux, Louis-Urbain Aubert de Tourny transformera l’aspect de la ville de façon remarquable.

Jacques Chaban-Delmas

Après la Seconde Guerre mondiale, dans la France libérée, les Bordelais confient les fonctions de premier magistrat à Jacques Chaban-Delmas. Il occupera le siège du maire de 1947 à 1995. Leader de la résistance, ardent gaulliste, Chaban-Delmas a connu une vie politique très active qui l’a amené à occuper de très hautes responsabilités au niveau national. En plus de son mandat de député-maire, il sera choisi à trois reprises pour présider l’Assemblée nationale (1958-1969, 1978-1981 et 1986-1988) en plus d’être le premier ministre du président Georges Pompidou de 1969 à 1972. On lui aura aussi confié un certain nombre de responsabilités ministérielles. Comme maire de Bordeaux, on lui reconnaît quelques grandes réalisations en termes d’urbanisme (le quartier des affaires – Mériadeck) et d’infrastructures urbaines, périurbaines (l’aménagement d’un grand lac au nord de la ville et du Grand Parc), universitaires ou de transports (gare Saint-Jean). Chaban-Delmas s’est aussi illustré dans le domaine sportif, notamment au tennis où il participe au 32e de finale du tournoi de Roland-Garros en double.

Alain Juppé

Autre gaulliste, Alain Juppé succède à Chaban-Delmas en 1995 et, si ce n’est de l’interlude 2004-2006 au cours de laquelle il est frappé d’inéligibilité et confie les rênes municipales à son adjoint Hughes Martin, il poursuit toujours son mandat en 2016. Il a annoncé son intérêt pour briguer les suffrages lors de l’élection présidentielle de 2017. Né à Mont-de-Marsan dans les Landes auxquelles il est profondément attaché, Juppé est un homme appliqué qui cumule les formations de haut niveau : il fréquente avec succès les grandes écoles, que ce soit Normale supérieure, Science po ou l’ENA. Il travaille auprès de Jacques Chirac dès 1976 et ce dernier le qualifiera volontiers du « meilleur d’entre nous », une accolade qui lui vaudra des inimitiés de quelques-uns de ses pairs. Nommé à la tête de plusieurs ministères, il sera le premier premier ministre de Chirac devenu président de la République en 1995. Les mesures fortes qu’il tente d’appliquer ne sont pas bien reçues et des élections législatives anticipées scellent son sort : le parti socialiste les remporte et Juppé doit céder sa place alors que s’installe un gouvernement de cohabitation.

La gestion à l’hôtel de ville de Paris le rattrape et il est condamné, en 2005, à une peine avec sursis et une année d’inéligibilité pour prise illégale d’intérêt. Le texte du jugement laisse comprendre qu’il doit honorer ainsi la facture d’une administration dont les dirigeants ne peuvent être atteints. À l’initiative de son collègue et ami maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, il passera cette année à enseigner à l’École nationale d’administration publique. Il reviendra en France

renforcé d’un sain recul qui lui permet de revenir aux affaires comme ministre et comme maire de Bordeaux. À ce titre, la ville lui doit notamment un vigoureux plan de modernisation qui s’est traduit, notamment, par l’installation d’un système de transport en commun, par tramway, envié par plusieurs autres villes, un nouvel accès et une véritable appropriation par les Bordelais des berges de la Gironde et la revitalisation du quartier de la Bastide.

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